"Qu'est-ce qu'un chien ?" par Patrick LE DOEUFF, membre du 4C.
02/10/2009 19:17 par manon12bis
Tout le monde en parle, l’imagine… poilu, méchant, gentil, de famille, de compagnie, de garde, sportif… hiérarchie, domination, soumission, dressage, éducation… mais réellement, qui le connaît au delà des clichés habituels, qui le comprend au delà des aboiements, des ordres, du conditionnement dont aussi beaucoup parle sans en détenir vraiment les tenants et aboutissants…
Il ressort un point commun à toutes ces nominalisations : le chien ne vit pas seul. Il vit en relation avec un environnement qui peut être canin mais aussi et surtout humain.
Faudrait-il autrement l’affubler de tout un cortège de qualificatifs, d’intentions à son égard quand ce n’est pas à son encontre !
Retenons un mot parmi tous ceux cités ci-dessus : hiérarchie.
La hiérarchie, sous quelque forme qu’elle soit et à quelque organisation qu’elle s’adresse, est symbolique d’une organisation sociale. Ce mot met en évidence le principe de relation entre les individus, d’influences réciproques, de conscience individuelle, d’identité d’espèce, de la présence d’une psychologie individuelle, sociale, collective.
Ces notions sont inaliénables de la réalité canine. En soustraire le chien consisterait en un déni de l’espèce, un reniement de tous les concepts sociaux de celle-ci et aboutirait inexorablement en une humanisation de l’animal à l’origine de la grande majorité des « troubles du comportement », des abandons voire des euthanasies.
Cette aliénation s’affiche dans la volonté de « rééduquer » l’animal, de le destiner détenteur d’un symptôme alors qu’il n’est que le révélateur du dysfonctionnement « canin » du groupe auquel il appartient. Cette déclinaison « behavioriste » révèle la conception anthropocentrée et anthropomorphique de l’être humain qui, selon lui, serait seul à développer des processus mentaux tels perception et traitement de l’information, capacité à effectuer des choix, vivre des émotions allant jusqu’aux conversions somatiques ou psychosomatisations.
L’animal est dans une tentative d’adaptation qu’il convient de cerner comme une réponse aux pressions d’un environnement inadéquat et non pas comme le commencement d’un trouble dont il serait à l’origine et responsable !
La hiérarchie et le positionnement de chaque individu par rapport à un autre nous touche et ce lien à notre compagnon est insuffisant pour établir une relation respectueuse. Toute la vie de l’homme est ainsi organisée depuis notre premier jour d’école où l’on nous apprend à être le meilleur, à être mieux que le petit voisin, à obtenir diplômes et autres satisfecit.
Nous ne pouvons pas ne pas projeter notre conception d’un monde aussi fortement ancrée en nos personnalités sur le monde animal. L’anthropocentrisme de l’homme émerge alors dans une relation où son espèce est positionnée centrale et hiérarchisée dominante au regard de toutes les autres. L’anthropomorphisme se manifeste à son tour accompagné et déterminé par toutes les meilleures raisons possibles, avec l’intention d’éduquer un chien et on invente des méthodes à tour de bras… pour le chien… qui pour vivre de façon sociable n’en a pas besoin puisqu’il a tout appris de sa meute originaire, et encore de « rééduquer » un animal qui ne fait que tenter de s’adapter à un mode de vie qui lui est imposer par un homme ne le connaissant pas, ne le comprenant pas, prétendant l’aimer, y être un passionné mais à partir de quoi ? De ce qu’est le chien ou de ce que l’homme s’imagine qu’il se trouve être ?
Notons que l’éducation canine facilite l’intégration d’un chien dans notre société. Il s’agit donc bien d’un processus intégratif imposé à un animal obligé de vivre dans un monde qui ne lui appartient pas, pour lequel, à l’origine, il n’est pas fait !
Le chien s’adapte à merveille à la société humaine, enfin dans une certaine mesure. Sa conception sociale l’autorise à vivre en groupe y compris dans une relation inter spécifique. Après avoir observé chiens ou loups nous définissons une structure sociale du sujet, considérant que nous le comprenons et qu’il va devoir s’adapter maintenant à notre façon de vivre ! Douce ineptie…
Le chien apprend à être chien et se développe correctement moyennant que ses relations à son environnement soit adaptées à l’essor d’une socialisation et d’une sociabilité correcte eu égard aux spécificité de la gente canine.
Constater une similitude dans les capacités d’adaptation de 2 espèces ou plus (ajoutons le chat…) ne signifie en rien qu’elles puissent cohabiter sans limite.
Le déterminisme du bien être, de l’harmonie de cette relation, ne repose pas sur les considérations « nombrilistes » de l’homme.
Ce dernier dispose d’une faculté extraordinaire : la parole.
La parole, symbole de l’abstrait et des représentations mentales non directement observables, pensées, émotions. Symbole d’une capacité à conceptualiser, à comprendre et intégrer ce qui nous différencie les uns des autres, les espèces entre elles. L’homme peut comprendre le chien à partir de mots et des représentations associées.
Le chien est incapable de réaliser cette prestation. Il ne nous percevra que « limité » à ce qu’il est et ne pourra jamais nous comprendre, nous concevoir selon un modèle social qui n’est pas le sien, ne pourra jamais intégrer notre monde émotionnel, l’univers de nos pensées.
Donner un ordre à son chien ne signifie pas qu’il comprenne le mot, et encore moins en avoir la maîtrise ! Il associe un son à un comportement, c’est tout. Un chien ne dispose pas de la représentation mentale de « assis ». Nous pouvons utiliser ce son pour le faire coucher ou revenir à son maître. Le son est un élément du conditionnement, lequel n’est qu’un mode de communication, d’apprentissage, qui dans bien des cas s’avère nocif (voire la prise en charge dramatique des troubles du comportements où un conditionnement au sens stricte du terme – éducation / dressage - est totalement inapproprié !).
Notre capacité réciproque d’êtres sociaux et sociables fait que vivre ensemble est vraiment possible. Une condition cependant : que l’homme s’adapte à son animal à partir d’une saine compréhension de la nature du second dénuée d’un « amour humain » occultant le respect dû à ce merveilleux animal alors filtrer par nos excès, nos attentes. Nous le projetterions alors dans le tourbillon des « troubles du comportement », ou le qualifions d’incompétence ou de tous les maux de la terre, qui ne seraient, en fait, que les nôtres.
Le chien est chien et le restera chien toute sa vie, que nous le voulions ou pas.
Il ne changera pas sa nature pour nos beaux yeux, ni parce que nous voulons le dominer, le hiérarchiser, le dresser, l’éduquer, l’aimer… voire lui définir une nouvelle conception de son existence dans une négation de ses réalités sociales, relationnelles, par le déni de ce qui structure toute organisation de ce type, la hiérarchie, c’est à dire un éclatement de l’organisation de la société canine, comme de toute autre société. Car comment une vie en groupe peut-elle exister sans une ossature sur laquelle chacun trouve sa place en référence à ce qu’il est et aux autres, déterminant des attributions et obligations de tous et par la même de la pérennité de celle-ci ?
Il ne nous en « demande » pas tant… juste le respecter… pour ce qu’il est… comme chacun de nous aime à l’être…et à la justesse de cet investissement point de problème, point d’agressivité, juste un être sociable.
Les nombreux aléas dus aux différentes combinaisons génétiques, aux phénomènes de dominance et aux mutations doivent inspirer une grande humilité et une extrême prudence aux éleveurs canins et aux responsables de clubs de race dans le domaine de l'amélioration génétique. Nous pouvons retenir toutefois les grands principes de la sélection qui ont été confirmés par l'expérience et les études statistiques. Avant de sélectionner, il faut se donner des priorités en retenant un petit nombre de caractères sur lesquels les efforts seront constamment concentrés. Il ne faut donc pas "courir trop de lièvres à la fois" ...
Une fois les axes de sélection définis, souvenons nous que les caractères qualitatifs (type de pigment, texture de la robe...) sont plus rapides et plus faciles à fixer que les caractères quantitatifs (morphologie, performances...) car ils sont gérés par un nombre restreint de gènes. Quand la corrélation entre le phénotype et le génotype est bonne, on peut espérer un progrès rapide. L'appariement de deux sujets génétiquement éloignés peut, par chance, donner des produits de haut niveau qui seront alors de bons compétiteurs mais généralement pas de bons géniteurs (fort taux d'hétérozygotie). En revanche, la consanguinité ne permet pas d'espérer la naissance de sujets exceptionnels mais favorise la fixation des caractères en augmentant l'homozygotie. Il est donc intéressant, lorsque l'on veut introduire un nouveau courant de sang dans une lignée de faire appel à un étalon "raceur", ou s'il est indisponible, à un de ses frères même si ce dernier extériorise quelques défauts minimes ou montre une carrière plus modeste. La meilleure pratique d'élevage consiste donc à élever parallèlement plusieurs lignées consanguines satisfaisantes en faisant appel de temps à autres à des croisements entre lignées ("line-breeding") immédiatement suivis de consanguinité si les résultats méritent d'être fixés. Certains éleveurs, espérant obtenir à long terme des sujets présentant toutes les qualités, sélectionnent en priorité sur des critères inversement proportionnels à leur héritabilité, c'est à dire d'abord sur la prolificité, puis sur la robustesse et enfin sur la morphologie. En effet, si les qualités de reproduction (hormis l'aptitude laitière) apparaissent encore moins héritables que les qualités de travail (déterminisme très polygénique), certains caractères morphologiques comme les défauts d'aplomb congénitaux semblent, quant à eux, très héréditaires.
La dysplasie de la hanche, la cryptorchidie ou les anomalies dentaires illustrent ce déterminisme.
Chacun des gènes a alors un effet trop faible pour déclencher à lui seul la maladie. L'ensemble des gènes défavorables combiné à l'action de l'environnement (alimentation, exercice etc.) concourent alors par leurs actions synergiques et cumulatives à l'émergence de la tare. Dans ce type d'affections, il devient quasiment impossible d'éliminer complètement la maladie. Les seules règles que l'on puisse avancer sont les suivantes : plus les parents sont atteints, plus les risques d'apparition de malades au sein de la portée sont élevés. La logique consiste donc à favoriser la reproduction des individus sains ou les moins atteints. Ici, comme dans la sélection sur des caractères quantitatifs, la patience est de rigueur ; chaque individu transmet en moyenne la moitié de ses gènes à chacun de ses descendants. Mais cela peut être bien moins ou bien plus, du fait du hasard, ce qui explique, par exemple que certains chiots puissent être plus dysplasiques ou moins dysplasiques que leurs parents. Même si certaines races semblent génétiquement épargnées (greyhounds par exemple), il ne faut pas en conclure que cette maladie n'est liée qu'à l'hérédité. Un gène dominant s'exprime quel que soit l'allèle exprimé par le locus homologue. Ainsi, il ne peut plus exister de porteurs sains et il devient facile de lutter contre l'extension de la maladie par la simple exclusion des malades. Cependant ,certaines maladies comme l'atrophie rétinienne progressive peuvent s'exprimer tardivement et même parfois après la mise à la reproduction expliquant la persistance de la maladie. D'autres comme les anomalies liées au gène merle (surdité notamment) peuvent ne pas s'exprimer chez des individus résistants qui transmettent alors l'affection comme pour un gène récessif. Enfin, la plupart ne s'expriment pas du tout lorsque la présence de l'allèle dominant est létale et entraîne donc la mort du chiot atteint. Maladies dues à un gène dominant
Etant liées à un gène récessif, ces maladies ne se manifestent que si le gène est présent en deux exemplaires. Les individus hétérozygotes n'expriment donc pas la maladie mais peuvent la transmettre. Ils sont appelés "porteurs sains".
A titre d'exemple, étudions la transmission de l'anomalie oculaire du COLLEY. Appelons "m" l'allèle récessif responsable de la maladie et "S", l'allèle dominant chez l'individu sain.
Un chien m/m est donc malade, m/S porteur sain et S/S phénotypiquement et génétiquement sain. Les résultats prévisibles des accouplements sont résumés dans ce tableau.

Suivant la fréquence d'apparition de la maladie dans la population, il est donc facile de suspecter la participation d'un gène récessif.

risque de tomber sur un porteur sain lors du choix d'un reproducteur dépend naturellement de la fréquence de la maladie comme le montre le tableau suivant.
Ainsi, lorsque l'on décèle 1% de malades au sein d'une population, un individu sur 5 est porteur de la tare. A 10% de malades, près d'un individu sain sur deux est porteur !
Les mesures de prévention passent par la connaissance approfondie de la généalogie du candidat à la reproduction. L'idéal serait bien sûr de ne compter aucun descendant taré après accouplement avec un reproducteur malade (m/m), ce qui limiterait les risques de "pollution" génétique d'un élevage à l'éventualité d'une mutation.
Les mesures d'élimination seraient fastidieuses et très lentes.
En effet, lors de tare récessive, la population de l'élevage serait répartie comme suit
(avec p+q1):
p2 (tarés) + 2 pq (porteurs) + q2 (sains)
Si l'on observe seulement 1% de sujets tarés, c'est que p = 0,1 donc q = 0,9 et 2 pq = 0,18 = 18% de tarés potentiels. Par consanguinité, on peut espérer éliminer les repérés soit seulement 1% par génération ! Pour éliminer une maladie génétique récessive, il est donc souhaitable d'abandonner la pratique de la consanguinité. Même si elle permet son dépistage, on ne peut être à la fois incendiaire et pompier!
A l'heure actuelle, on a dénombré 150 maladies affectant l'espèce canine qui admettent un déterminisme génétique et qui sont apparues par mutation d'un ou de plusieurs gènes . Parmi celles-ci, environ 90 sont dues à un gène récessif, 15 à un gène dominant et 45 à plusieurs gènes agissant ensemble.
Il y a environ 250 maladies génétiques chez le chien ! Ces maladies sont dues à :
Maladies dues à un gène dominant
Exemple de transmission aléatoire de deux caractères au cours de la genèse des spermatozoïdes (méiose)
Prévision statistique sur une portée issue d’un accouplement entre deux parents double hétérozigotes pour deux caractères
Lors de la formation des cellules sexuelles (gamétogénèse), un processus complexe appelé "méïose" dissocie les 39 paires de chromosomes, les mélange et redistribue comme un jeu de cartes une combinaison de 39 chromosomes à chacun des gamètes. La diversité génétique des gamètes assure ainsi la variabilité génétique au sein de chaque race canine. L'union d'un spermatozoïde et d'un ovule (fécondation) aboutit à la formation de l'oeuf (zygote) dans lequel les chromosomes hérités des deux parents se réunissent à nouveau par paires homologues.

On voit donc qu'une sélection involontaire s'opère déjà à deux niveaux :- lors de la méïose où une information génétique différente est distribuée à chaque gamète,- lors de la fécondation puisqu'on ne peut prédire quels spermatozoïdes seront fécondants ni quels ovules seront fécondés.
Ajoutons à cela les possibilités de mutation des gènes (chaque individu a, au moment de sa conception, environ une chance sur 10 pour qu'un de ses gènes ait muté) et nous comprenons alors pourquoi il est possible d'orienter sa sélection en élevage mais certainement pas de la maîtriser complètement ! ...
Naturellement, chaque chromosome ne porte pas qu'un seul gène. Chaque locus correspond à une information génétique qui peut aussi bien coder pour la longueur du poil que pour l'intensité de sa couleur ou pour une aptitude enzymatique ou encore moduler l'expression d'un autre gène (épistasie).
Certains caractères sont sous la dépendance de plusieurs gènes et la dominance d'un allèle sur son homologue peut être incomplète.
Enfin, notons que nous sommes très loin de maîtriser l'ensemble des combinaisons génétiques, ce qui inspire l'humilité et la prudence dans ce domaine soumis aux lois des probabilités.
- BL / BL : poils courts, robe noire, individu double homozygote ;- Bl / bL : double hétérozygote à poils courts et robe noire car "B" et "L" dominent "b" et "l" ;- bl / bl : double homozygote à poils longs et bruns. C'est la seule combinaison permettant aux deux gènes récessifs de s'exprimer car ils sont chacun en double exemplaire ;- bL / bl : Homozygote pour "b", hétérozygote pour la longueur du poil. Ce chien aura le poil court et brun ;- Bl / bl : Homozygote pour "l", hétérozygote pour la couleur. Individu à poil long et noir.
Ces 5 exemples (parmi les 16 combinaisons possibles) permettent déjà à l'éleveur de se familiariser avec le raisonnement génétique.
Ainsi, pour reprendre l'exemple précédent, si l'on ne s'intéresse qu'aux deux caractères étudiés, les "chances" de trouver parmi la population, un chien marron à poils longs sont estimées à 6,25% (1/16ème), 18,75% (3/16èmes) pour les poils longs et noirs ou courts et marron et 56,25% (9/16 èmes) pour les poils courts et noirs (voir tableau).
Connaissant le caractère dominant ou récessif d'une qualité ou d'une tare, l'éleveur peut ainsi orienter sa sélection pour mettre toutes les chances de son côté ...
Nous avons vu qu'il existait des caractères dominants et des caractères récessifs. Pour reprendre l'exemple précédent concernant la couleur de la robe, le Noir (B) domine le marron (b). Lorsque l'on voit un chien marron, il est facile de deviner son génotype qui ne peut être que b/b puisque le caractère récessif marron ne peut s'exprimer qu'à l'état homozygote. Dans le cas des caractères récessifs, le phénotype est donc un bon reflet du génotype. En revanche, le phénotype "noir" peut correspondre soit au génotype B/b (hétérozygote), soit au génotype B/B (homozygote), les gènes ayant toujours au moins deux possibilités de s'exprimer.
- dans le premier cas, le chien est noir mais porteur d'un allèle marron qu'il pourra transmettre à sa descendance.
- dans le deuxième cas, le chien homozygote transmettra obligatoirement un de ses deux allèles B à sa descendance qui sera donc uniformément noire en première génération (appelée F1) quels que soient les allèles apportés par son partenaire.
L'aspect d'un chien ne reflète donc pas isolément son patrimoine génétique.
Le principe même de la confirmation qui donne au candidat l'autorisation officielle de reproduire en évaluant son génotype en fonction de son phénotype, est donc sujet à controverse.
Il est cependant possible de se faire une idée du génotype d'un étalon par son aptitude à marquer sa descendance pour le caractère considéré.
En effet, si un chien ne compte que des chiots noirs parmi sa descendance lorsqu'il est accouplé avec une chienne marron (donc obligatoirement b/b), il devient très probable qu'il soit homozygote B/B. Dans ce cas, tous les produits sont B/b, donc noirs.
S'il était B/b, il aurait 50% de chances de donner naissance à des chiots marrons à l'issue de ce même accouplement et il serait donc exceptionnel de ne pas en trouver parmi sa descendance. L'effectif de la portée permet donc également de renforcer l'estimation génétique d'un reproducteur.
Une portée d'un ou deux chiots reste évidemment peu significative.
On comprend dès lors que si l'éleveur désire fixer un caractère qu'il juge positif pour son élevage, il devra rechercher des reproducteurs qui présentent tous deux, non seulement ce caractère mais aussi un lien de parenté (consanguinité) de manière à augmenter les chances d'homozygotie, c'est-à-dire l'uniformité des ordres édictés par les gènes parentaux.
A titre d'exemple, si un éleveur désire fixer le caractère marron, il n'aura qu'à accoupler des reproducteurs marrons.
S'il considère la robe marron comme un défaut, il lui faudra alors sélectionner des reproducteurs noirs qui, en outre, ne comptent aucun chien marron parmi leur généalogie.
On devrait donc se réserver la possibilité d'annuler une confirmation au cas où un défaut héréditaire apparaîtrait dans la descendance d'un reproducteur ...
En génétique, un caractère représente l'expression visible ou quantifiable d'un ou de plusieurs gènes. La couleur de la robe, l'aptitude d'un chien d'arrêt à marquer ses proies, la hauteur au garrot, la dysplasie de la hanche représentent quatre exemples de "caractères" au sens large.
Représentation schématique d’une cellule de chien (avant division) : Un gène représente une unité de programme située à un endroit précis ("locus") d'un chromosome. Si le gène était une note de musique, le chromosome serait son support matériel, c'est à dire la partition. (voir schéma) Toutes les cellules d'un chien contiennent dans leur noyau 39 paires de chromosomes, sauf les cellules qui n'ont pas de noyau (globules rouges par exemple chez le chien) et les cellules sexuelles (spermatozoïdes et ovules) qui ne possèdent les 39 chromosomes qu'en un seul exemplaire. L'ensemble des chromosomes portant les gènes constitue ainsi le patrimoine génétique ou génome de l'individu, c'est à dire le programme qui inspirera sa morphologie et son comportement. Si les chromosomes sont représentés en double exemplaire, c'est parce qu'ils sont hérités pour moitié du père et pour moitié de la mère. Pour chaque locus, un gène a donc la possibilité de s'exprimer deux fois par la voix du père et par celle de la mère (on parle alors d'allèle). Il arrive que ces deux voix soient identiques et donnent donc le même ordre : l'individu sera alors dit "homozygote" pour le caractère considéré. A titre d'exemple le gène "b" (pour "brown") codera pour une robe marron chez le chiot s'il est présent simultanément sur les deux chromosomes parentaux. Le chiot sera dit "homozygote b/b". Inversement, si le chromosome hérité du père porte le gène "B" (pour Black) et celui de la mère le gène "b", le chiot est dit "hétérozygote" B/b et l'on constate que sa robe est aussi noire que celle de son père. C'est donc que le gène "B" (majuscule) est dominant par rapport au gène "b" (minuscule) qui est dit récessif.Support génétique des caractères :
S'il paraît facile pour un producteur d'animaux de rente de sélectionner les géniteurs sur leurs aptitudes bouchères ou laitières, il est beaucoup plus complexe d'établir une sélection en élevage canin dans la mesure où les qualités recherchées concernent souvent autant la morphologie que le caractère des chiens.
CHOIX DES GENITEURS
Il est relativement rare de trouver à la vente des géniteurs adultes de qualité. La plupart des étalons ou des lices disponibles risquent fort en effet d'être des animaux de réforme présentant des vices cachés ou ne correspondant pas au standard recherché. Ainsi, il est naturel que la majorité des éleveurs gardent pour leur exploitation personnelle les chiots les plus prometteurs de leur élevage. Le choix d'un reproducteur se portera donc sur un chiot. Il représentera donc souvent un pari sur son avenir, sa conformité au standard de sa race et sa fertilité n'étant confirmées que bien plus tard. Lors de la puberté, et avant toute saillie ou insémination avec un mâle dont on ne connaît rien de la descendance, il est prudent de commencer par contrôler la qualité de sa semence: Vérification de la qualité de la semence : le spermogramme (examen détaillé du sperme) a une valeur prédictive sur le pouvoir fécondant de la semence. Il permet de prévoir un risque d'infertilité mâle (absence ou trop faible nombre de spermatozoïdes, excès de formes anormales, manque de mobilité etc.), de suivre le déroulement de la puberté et donc l'échéance de la mise à la reproduction, et de détecter les premiers signes de sénescence chez les étalons proches de la réforme.(voir schémas) Deux ou trois spermogrammes consécutifs à 1 ou 2 jours d'intervalle sont nécessaires pour: Apprécier la qualité de la semence : évaluer le renouvellement du stock de spermatozoïdes qui conditionne le rythme d'utilisation de l'étalon (voir histogramme), Juger du potentiel d'un étalon :certaines races comme le Bull-MASTIFF semblent avoir des cycles saisonniers avec alternance de spermogrammes de bonne et de mauvaise qualité.Beaucoup de mâles présentent des premiers spermogrammes médiocres après une longue période d'abstinence, d'autres enfin ne libèrent pas la totalité de leur phase spermatique au premier prélèvement, Lors d'un prélèvement, il est utile d'apprécier:- la couleur et la transparence des trois phases: l'observation à l'oeil nu de la phase spermatique (qui doit avoir un aspect laiteux) permet déjà de se faire une idée sur sa concentration en spermatozoïdes,- le volume de l'éjaculât habituellement proportionnel à la taille de la race et donc à la longueur des voies génitales femelles,- le pH (acidité) de la semence pouvant témoigner d'une infection,- les mouvements d'ensemble des spermatozoïdes sur platine chauffante au faible grossissement du microscope : l'impression de "nuage" est un bon reflet de la vitalité générale de la semence,- la mobilité des spermatozoïdes à plus fort grossissement: nombre de gamètes immobiles ou, au contraire, traçants,- la proportion de formes anormales (voir schémas) qui, pour rester physiologique, ne doit pas dépasser 30%,- le pourcentage de spermatozoïdes vivants qui s'apprécie à l'aide d'un colorant vital (éosine-nigrosine) qui pénètre électivement dans les gamètes qui étaient déjà morts avant la coloration (voir photos),- le nombre total de spermatozoïdes est évalué à partir d'un comptage dans une cellule quadrillée (voir photo) et est généralement proportionnel au format de la race. L'ensemble de ces résultats est alors consigné dans un tableau qui autorise à conclure sur le potentiel de fertilité d'un étalon. Si plusieurs spermogrammes consécutifs sont de mauvaise qualité, il est opportun de s'interroger sur les éventuels traitements médicaux (hormones, antifongiques, corticoïdes, radiothérapie) que l'étalon aurait pu subir récemment ou pendant sa croissance. Contrôle généalogique : mieux qu'un spermogramme, la descendance récente d'un étalon reste la meilleure preuve de sa fertilité et permet également de juger de la qualité génétique de sa semence par son aptitude à marquer sa progéniture (ressemblance). Il est prudent de se renseigner également sur l'effectif des portées dont il a la paternité pour juger de sa prolificité qui semble être liée à la vitalité de la semence. La lecture de son pedigree permet enfin de dénombrer les champions qu'il compte au sein de son ascendance et d'en déduire, surtout s'il est consanguin, ses qualités génétiques probables. Choix d'une lice : le choix d'une future reproductrice au sein d'une portée procède également d'un pari sur l'avenir. Il se fait essentiellement sur son ascendance. Bien que sa responsabilité génétique sur sa descendance soit identique à celle du mâle (50%), il lui faudra également assumer la lactation et l'éducation de ses chiots. Les critères de sélection de la lice devront donc tenir compte, en dehors de sa valeur génétique intrinsèque, de la facilité de ses mise-bas, de ses aptitudes "laitières", de ses qualités maternelles .Choix d'un étalon
Beaucoup d'éleveurs gardent leurs chiots les plus prometteurs pour l'amélioration qualitative de leur élevage et font appel à un étalon extérieur pour renouveler les "courants de sang" de leurs lignées.
S'il paraît facile pour un producteur d'animaux de rente de sélectionner les géniteurs sur leurs aptitudes bouchères ou laitières, il s'avère en revanche beaucoup plus complexe d'établir une sélection en élevage canin dans la mesure où les qualités recherchées concernent souvent autant la morphologie que le caractère des chiens.
Un producteur de chiens peut ainsi s'en remettre à la nature et se contenter de laisser ses lices se reproduire au hasard des rencontres. Même s'il arrive à celui-ci d'obtenir parfois un chien exceptionnel, il s'apercevra très vite que ses qualités marquent peu sa descendance et nous verrons la raison pour laquelle ces caractères issus d'accouplements aléatoires se révèlent peu transmissibles.
Cependant, bon nombre d'éleveurs trouvent les fondements de leur passion dans l'amélioration durable des qualités de leurs chiens qui fera la réputation de leur élevage. Pour ce faire, ils doivent conduire une véritable politique de sélection en commençant par se poser les questions suivantes :
Comment ça marche ? Autrement dit, comment se transmettent les caractères qui font les qualités et les défauts de chaque individu ?
L'apparence est-elle le reflet du programme génétique ? Le phénotype (ce que l'on peut voir ou mesurer extérieurement comme la robe par exemple) traduit-il fidèlement le génotype (la "partition" génétique) ?
Quels sont les avantages et les inconvénients de la consanguinité qui a si mauvaise réputation aux yeux du grand public ?
Enfin, comment prévenir l'apparition d'une maladie génétique ou, s'il est trop tard, comment s'en débarrasser ?
Le chien : squelette, anatomie, morphologie



(né entre le 19 février et le 20 mars)
Son tempérament
Le chien poissons est très calme, c'est un doux rêveur hypersensible. D'une dévotion totale, il vous donne son amour sans compter et devient rapidement "l'esclave" de vos états d'âme ! Il ne sait que faire pour prévenir le moindre de vos désirs... Douillet, un peu indolent, il se complaît dans le confort moelleux de vos canapés et apprécie tout particulièrement les soirées tranquilles devant la télévision, le regard langoureusement posé sur vous ! Il a une sainte horreur du changement, des bouleversements, et peut développer des troubles de santé divers lors des voyages ou des déménagements. Anxieux, il a besoin de se rassurer avec ses "coins coins", avec son écuelle, ses nonosses. Veillez à toujours faire suivre ses objets et couvertures favoris afin de combattre son insécurité chronique . Il est un peu lymphatique et vous devrez le pousser à bouger, à faire de l'exercice, à sortir et à s'amuser. Il adore l'eau en général et s'enthousiasmera à l'idée de nager à vos côtés. Hospitalier et calme, il est cependant méfiant devant les étrangers, qu'il reniflera et surveillera un bon moment avant de les accepter totalement. Mais, s'il sent son univers menacé, il se transformera en gardien redoutable pour préserver sa tranquillité.
Comment l'éduquer
Hyper-émotif, vulnérable et très susceptible, il ne supporte pas d'être grondé. Il vous faut le ménager et agir avec une grande douceur et bonté avec lui, sinon il sombrerait vite dans la mélancolie et se replierait totalement sur lui même. Un peu comédien à ses heures, il peut gémir pendant une éternité pour obtenir votre pardon, voir vos remords... et il est même capable de se rouler par terre, les papattes en l'air, pour peu qu'il y ait des témoins à son désespoir... il aura ainsi vite fait de vous transformer en bourreau sadique aux yeux de votre entourage... méfiez vous ! Bienveillant, dévoué, il a le sens du sacrifice et, pour peu qu'on lui demande avec douceur et prévenance, il deviendra un merveilleux compagnon pour les handicapés qu'il aimera et aidera avec une passion et un sens du devoir absolus ! Il aime les enfants et participe à leurs jeux et à leurs rires avec beaucoup de joie. Très patient, il comprend et accepte leurs maladresses sans jamais se fâcher.
Le chien poissons est un anxieux, sujet à la dépression et à la mélancolie. Il a besoin d'une vie calme, équilibrée et rassurante. Il n'est pas difficile à nourrir et mange raisonnablement, mais il vous sera reconnaissant si vous lui variez de temps à autres ses menus, et si vous prenez la peine de lui préparer de bons petits plats. Fin gourmet, ce qu'il préférera à tout est de partager vos repas... Evitez de "craquer" devant ses grands yeux de mendiant affamé si vous ne voulez pas le voir se transformer en boule de graisse . Ses points faibles sont le système respiratoire, l'appareil gastro-intestinal et les pattes.
Texte par Khalia